<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!-- generator="wordpress/2.1.2" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>Mon Cinéma</title>
	<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet</link>
	<description>Critiques partisanes, films, expos, navets, chefs-d'œuvre</description>
	<pubDate>Sun, 25 Mar 2007 18:57:17 +0000</pubDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.1.2</generator>
	<language>en</language>
			<item>
		<title>Je suis un œil</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/11/je-suis-un-oeil/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/11/je-suis-un-oeil/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2007 23:26:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=172</guid>
		<description><![CDATA[
Je suis un oeil.
Un oeil mécanique.
Moi, c&#8217;est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir.
Désormais je serai libérée de l&#8217;immobilité humaine. Je suis en perpétuel mouvement.
Je m&#8217;approche des choses, je m&#8217;en éloigne. Je me glisse sous elles, j&#8217;entre en elles.
Je me déplace vers le mufle du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="/carnet/images/2007/02/oeil/oeil.jpg" alt="oeil.jpg" /></div>
<blockquote><p>Je suis un oeil.<br />
Un oeil mécanique.<br />
Moi, c&#8217;est-à-dire la machine, je suis la machine qui vous montre le monde comme elle seule peut le voir.<br />
Désormais je serai libérée de l&#8217;immobilité humaine. Je suis en perpétuel mouvement.<br />
Je m&#8217;approche des choses, je m&#8217;en éloigne. Je me glisse sous elles, j&#8217;entre en elles.<br />
Je me déplace vers le mufle du cheval de course.<br />
Je traverse les foules à toute vitesse, je précède les soldats à l&#8217;assaut, je décolle avec les aéroplanes, je me renverse sur le dos, je tombe et me relève en même temps que les corps tombent et se relèvent…<br />
Voilà ce que je suis, une machine tournant avec des manœuvres chaotiques, enregistrant les mouvements les uns derrière les autres, les assemblant en fatras.<br />
Libérée des frontières du temps et de l&#8217;espace, j&#8217;organise comme je le souhaite chaque point de l&#8217;univers.<br />
Ma voie est celle d&#8217;une nouvelle conception du monde. Je vous fais découvrir le monde que vous ne connaissez pas.<br />
° Le cinéma dramatique est l&#8217;opium du peuple.<br />
° À bas les rois et les reines immortels du rideau. Vive l&#8217;enregistrement des avants-gardes dans leur vie de tous les jours et dans leur travail!<br />
° À bas les scénarios-histoires de la bourgeoisie. Vive la vie en elle-même!<br />
° Le cinéma dramatique est une arme meurtrière dans les mains des capitalistes! Avec la pratique révolutionnaire au quotidien nous reprendrons cette arme des mains de l&#8217;ennemi.<br />
° Les drames artistiques contemporains sont les restes de l&#8217;ancien monde. C&#8217;est une tentative de mettre nos perspectives révolutionnaires à la sauce bourgeoise.<br />
° Fini de mettre en scène notre quotidien, filmez-nous sur le coup comme nous sommes.<br />
° Le scénario est une histoire inventée à notre propos, écrite par un écrivain. Nous poursuivons notre vie sans avoir à la régler au dire d&#8217;un bonimenteur.<br />
° Chacun de nous poursuit son travail sans avoir à perturber celui des autres. Le but des Kinoks est de vous filmer sans vous déranger.<br />
° Vive le ciné-oeil de la Révolution! […]</p></blockquote>
<p>Dziga Vertov, Manifeste Ciné-Œil, 1923</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/11/je-suis-un-oeil/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>I&#8217;m Loving it</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/08/im-loving-it/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/08/im-loving-it/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Feb 2007 18:40:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=171</guid>
		<description><![CDATA[Tandis que McDonald&#8217;s France se donne du mal pour respecter les directives de l&#8217;OMS et nous proposer quelques combinaisons de repas équilibrés, le bras marketing du Ronald états-unien donne dans la publicité subliminale en glissant son logo dans l&#8217;émission de cuisine Iron Chef America.






Une preuve de plus que la main gauche ignore souvent ce que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tandis que McDonald&#8217;s France se donne du mal pour respecter les directives de l&#8217;OMS et nous proposer quelques combinaisons de repas équilibrés, le bras marketing du Ronald états-unien donne dans la publicité subliminale en glissant son logo dans l&#8217;émission de cuisine <em>Iron Chef America</em>.</p>
<div align="center">
<object width="425" height="350">
<param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/LMzbwa6PvEE"></param>
<param name="wmode" value="transparent"></param>
<p><embed src="http://www.youtube.com/v/LMzbwa6PvEE" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="350"></embed></object>
</div>
<p>Une preuve de plus que la main gauche ignore souvent ce que fait la droite. Ça se passe comme ça chez McDonald&#8217;s?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/08/im-loving-it/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Bobby d&#8217;Emilio Estevez</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/07/bobby-demilio-estevez/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/07/bobby-demilio-estevez/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Feb 2007 11:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=170</guid>
		<description><![CDATA[Bien sûr, nous ne pouvons pas attendre d&#8217;un film sur Robert Kennedy qu&#8217;il ne soit pas profondément à la gloire des Etats-Unis. Et si les discours de Bobby nous semblent aujourd&#8217;hui devoir être universels, le plan final, montrant le drapeau du pays flottant au-dessus de la foule dans une lumière toute religieuse, est là pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bien sûr, nous ne pouvons pas attendre d&#8217;un film sur Robert Kennedy qu&#8217;il ne soit pas profondément à la gloire des Etats-Unis. Et si les discours de Bobby nous semblent aujourd&#8217;hui devoir être universels, le plan final, montrant le drapeau du pays flottant au-dessus de la foule dans une lumière toute religieuse, est là pour nous rappeler où nous nous trouvons.</p>
<p>Reste que c&#8217;est un pays englouti dans les souvenirs de son peuple et du reste du monde qui nous est montré ici. Qu&#8217;est devenue l&#8217;Amérique des Kennedy?<br />
Malgré tout le pathos qui ruisselle de chacun des coins de l&#8217;écran, si nous pleurons ici ce n&#8217;est pas parce que l&#8217;histoire qui nous est racontée est triste : un homme adulé par la majorité est assassiné sous nos yeux.</p>
<p>Non, ce qui est émouvant dans le film d&#8217;Emilio Estevez, c&#8217;est de voir tout le chemin qui a été parcouru depuis la mort de Martin Luther King et des Kennedy. De voir à quel point nous avons fait marche arrière.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2007/02/07/bobby-demilio-estevez/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Les chaînes hertziennes toujours aussi frileuses</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/11/27/les-chaines-hertziennes-toujours-aussi-frileuses/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/11/27/les-chaines-hertziennes-toujours-aussi-frileuses/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2006 10:00:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=169</guid>
		<description><![CDATA[France 3 va diffuser cette semaine l&#8217;intégralité des épisodes d&#8217;Angels in America, histoire de souligner que le 1er décembre sera la journée mondiale contre le sida. Seulement ce ne sera pas avant 00h30, histoire d&#8217;être sûr qu&#8217;il n&#8217;y aura personne devant le petit écran pour savourer la justesse de cette série au casting prestigieux, consacrée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.france3.fr/" title="Site de France 3">France 3</a> va diffuser cette semaine l&#8217;intégralité des épisodes d&#8217;<em>Angels in America</em>, histoire de souligner que le 1er décembre sera la journée mondiale contre le sida. Seulement ce ne sera pas avant 00h30, histoire d&#8217;être sûr qu&#8217;il n&#8217;y aura personne devant le petit écran pour savourer la justesse de cette série au casting prestigieux, consacrée aux ravages qui commencent à être causés par le sida en 1985 aux États-Unis.<br />
Pour voir les six épisodes en <em>prime time</em>, il faudra être abonné à <a href="http://www.pinktv.fr/" title="Site de Pink tv">Pink tv</a>. Ce n&#8217;est pas la première diffusion de la série sur le petit écran, puisque <em>Angels in America</em> avait déjà été diffusé sur Canal + en 2004. C&#8217;est seulement une preuve de plus que l&#8217;humain de base, celui qui n&#8217;a que cinq chaînes et ne choisit pas des films au hasard dans son vidéo club préféré, doit être insomniaque pour pouvoir découvrir de petits bijoux dans son salon.</p>
<p>Faut-il aujourd&#8217;hui s&#8217;abonner à une chaîne spécifique pour découvrir les dégâts du virus autrement qu&#8217;à travers Tom Hanks et Bruce Springsteen? Dans <em><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=9432.html" title="Philadelphia sur Allô ciné">Philadelphia</a></em> déjà, nous pouvions considérer que le sujet central n&#8217;était pas la maladie elle-même, mais le dégoût qu&#8217;elle faisait éprouver à quiconque s&#8217;en approchait alors qu&#8217;elle commençait seulement à être connue.</p>
<p>Est-ce trop insoutenable de voir un grand acteur comme Al Pacino marcher vers sa déchéance, se tordre de douleur sur le sol, délirer? Est-ce trop dur de s&#8217;avouer que l&#8217;amour est rarement suffisamment fort pour permettre au malade de continuer à vivre avec quelqu&#8217;un lorsqu&#8217;il apprend que ses jours sont comptés? Et puisque le sida est aujourd&#8217;hui encore injustement attribué aux homosexuels, comment supporter une série sur cette maladie dans laquelle un homme marié va peu à peu accepter que ses goûts en matière de sexe ne sont pas ceux qu&#8217;il affiche depuis des années?</p>
<p>À l&#8217;heure où de plus en plus d&#8217;hommes publics font état de leurs préférences au lit, il est étonnant de constater que les directeurs de programme des chaînes hertziennes, nos dirigeants en quelque sorte, puisqu&#8217;il apportent une forme de culture au plus grand nombre, sont toujours réticents à nous parler de ce qui nous constitue vraiment. La maladie est bien sûr le lot de chacun d&#8217;entre nous, mais quand elle est associée à l&#8217;homosexualité, en parler devient de plus en plus difficile. Comme si le silence agissait comme une sorte de préservatif géant, garantissant un très faible pourcentage de chances d&#8217;être contaminé.</p>
<p>Il serait temps que nos dirigeants se rendent compte que l&#8217;homosexualité n&#8217;est pas une déviance, ni un choix, mais que c&#8217;est quelque chose qui s&#8217;impose à nous comme le fait de ne pas pouvoir se passer de chocolat, ou de préférer les mangues aux kiwis. Surtout, comme la connaissance c&#8217;est le pouvoir, il serait temps que nos dirigeants cessent de nous prendre pour des imbéciles en se défendant de vouloir choquer les téléspectateurs. Et si l&#8217;homme de base ne souhaite pas voir d&#8217;homosexuel malade à 20h50, qu&#8217;il éteigne sa télévision et apprenne à s&#8217;instruire et se divertir par lui-même. Sûr que quand il aura regardé le monde sans filtre, il rallumera son écran et réclamera <em><a href="http://www.hbo.com/films/angelsinamerica/" title="Angels in America sur le site d'HBO (en anglais)">Angels in America</a></em> en clair et en <em>prime time</em>.</p>
<p><em>Angels  in America</em>, réalisé par Mike Nichols, avec Al Pacino, Meryl Streep, Justin Kirk, Mary-Louise Parker, Jeffrey Wright, Ben Shenkman, Emma Thompson, Patrick Wilson et James Cromwell.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/11/27/les-chaines-hertziennes-toujours-aussi-frileuses/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Le Vent se lève</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/30/le-vent-se-leve/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/30/le-vent-se-leve/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2006 05:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=166</guid>
		<description><![CDATA[Même s&#8217;il ne l&#8217;a pas attendue pour faire de grands films, il était temps que Ken Loach obtienne la Palme d&#8217;Or. Après des pointures comme Kes, Ladybird, Carla&#8217;s Song, Raining Stones ou My Name is Joe, la Palme qui a surpris ceux qui avaient parié sur un couronnement pour Marie-Antoinette ou Volver s&#8217;imposait en définitive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Même s&#8217;il ne l&#8217;a pas attendue pour faire de grands films, il était temps que Ken Loach obtienne la Palme d&#8217;Or. Après des pointures comme <em>Kes</em>, <em>Ladybird</em>, <em>Carla&#8217;s Song</em>, <em>Raining Stones</em> ou <em>My Name is Joe</em>, la Palme qui a surpris ceux qui avaient parié sur un couronnement pour <em>Marie-Antoinette</em> ou <em>Volver</em> s&#8217;imposait en définitive comme une évidence.</p>
<p>En 1990 pour <em>Riff Raff</em>, Robert Carlyle et Peter Mulan sont encore des anonymes, <em>Trainspotting</em>, <em>The Full Monty</em> et <em>My Name is Joe</em> n&#8217;étant pas encore passés par là. Et en 1995, lorsque <em>Land and Freedom</em> sort sur les écrans, personne n&#8217;a entendu parler de Ian Hart qui interprête alors David Carr, le personnage principal du film. Depuis nous l&#8217;avons vu incarner l&#8217;une des faces du gros vilain de <em>Harry Potter à l&#8217;école des sorciers</em>, et plus récemment jouer dans <em><a href="http://culturofil.net/2006/06/28/tournage-dans-un-jardin-anglais-de-michael-winterbottom/" title="L'article de Culturofil sur le film de Michael Winterbottom">Tournage dans un jardin anglais</a></em>.<br />
Alors qu&#8217;il nous avait habitués à tourner avec des acteurs inconnus du grand public, Ken Loach fait une exception avec <em>Le Vent se lève</em>, choisissant Cillian Murphy pour interprêter Damien, le personnage principal, et Liam Cunningham pour incarner Dan. Si ce dernier nous semble immédiatement dans son rôle, nous ne pouvions qu&#8217;attendre Cillian Murphy au tournant après les prestations peu convaincantes de ses deux derniers films, <em>Breakfast on Pluto</em> et <em>Red Eye</em>.<br />
Mais Ken Loach ayant le talent qu&#8217;on lui connaît pour diriger les acteurs, cette inquiétude est finalement rapidement balayée.</p>
<p>Avec <em>Le Vent se lève</em>, le cinéaste dénonce cette fois le passé impérialiste de l&#8217;Angleterre lorsque, en 1920, l&#8217;Irlande bascule dans la guerre civile.<br />
Alors qu&#8217;ici nous sommes loin de l&#8217;Espagne, la mise en scène est proche de celle de <em>Land and Freedom</em>. Dans les deux films les résistants croisent la pauvreté, incarnée dans des personnages secondaires, sur une route ensablée. Ils entonnent des chants liés à leur cause pour se donner du courage, et ils enterrent ceux d&#8217;entre eux morts au combat. D&#8217;autre part, le village attaqué par les Anglais ressemble beaucoup à celui repris par les révolutionnaires Espagnols, et les résistants préparent leur assaut à travers de hautes herbes dans les deux films. Surtout, nous retrouvons à la fois dans <em>Land and Freedom</em> et <em>Le Vent se lève</em> une séquence devenue classique chez Ken Loach, que ce soit, dans ces deux exemples, sur la collectivisation ou l&#8217;attitude à adopter face au traité signé entre Britanniques et Irlandais en décembre 1921 : le débat enflammé.</p>
<p>Loin d&#8217;être le signe d&#8217;un manque d&#8217;inspiration chez le cinéaste, ou celui d&#8217;une incapacité à se renouveler, ces similitudes dans la mise en scène des deux films montrent au contraire que les guerres sont finalement toutes les mêmes, et malheureusement que l&#8217;Histoire ne cesse de se répéter.</p>
<p>En réalisant quelques scènes du <em>Vent se lève</em> de la même manière que certaines séquences de <em>Land and Freedom</em>, Ken Loach donne encore plus de poids à son dernier film : le spectateur navigue en terrain familier alors même qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une fiction et non d&#8217;un documentaire.<br />
Mais ceux qui découvrent l&#8217;œuvre du cinéaste et n&#8217;ont pas vu ses films précédents apprécieront tout autant la finesse du <em>Vent se lève</em>, grâce à une narration qui dresse un frère contre un autre, un schéma dramatique finalement assez classique dans ce type de conflit.</p>
<p>Ainsi, qu&#8217;il soit ou non au fait de l&#8217;histoire irlandaise, le spectateur est amené à se concentrer sur le cœur même du film, l&#8217;origine du conflit et les déchirements qui en résulteront, condition <em>sine qua non</em> pour que nous puissions adhérer au discours militant du <em>Vent se lève</em>.</p>
<blockquote><p>Il fut pénible par les mots du deuil<br />
De dire et de briser les liens qui nous unissent<br />
Mais plus pénible encore de porter la honte<br />
Des fers étrangers qui nous enchaînent<br />
Alors j&#8217;ai dit : « Cette vallée dans la montagne<br />
Dès l&#8217;aube j&#8217;irai à sa rencontre<br />
Je rejoindrai les braves qui s&#8217;unissent<br />
Tandis que le vent léger secoue l&#8217;orge » [1]</p></blockquote>
<p>[1] Robert Dwyer Joyce, <em>The Wind that Shakes the Barley</em>. Le titre de ce poème est aussi le titre original du dernier film de Ken Loach.</p>
<p>Réalisation : Ken Loach.<br />
Scénario : Paul Laverty.<br />
Avec : Cillian Murphy (Damien), Liam Cunningham (Dan), Pádraic Delanay (Teddy) et Orla Fitzgerald (Sinead).</p>
<p>Article initialement paru dans <a href="http://culturofil.net/" title="Culturofil">Culturofil</a> le 23 août 2006.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/30/le-vent-se-leve/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Encore un peu de changement</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/23/encore-un-peu-de-changement/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/23/encore-un-peu-de-changement/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2006 15:21:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Infos Site]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=168</guid>
		<description><![CDATA[Bonjour à tous,
Après réflexion, j&#8217;ai décidé de retirer de ce site la reproduction de mes articles courts.
J&#8217;ai le sentiment d&#8217;avoir fait de Mon Cinéma un double de Culturofil, alors que ce n&#8217;était pas du tout mon but.
Je vais donc progressivement tenter d&#8217;inverser le mouvement, en commençant par publier rapidement ici un article sur l&#8217;exposition du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour à tous,</p>
<p>Après réflexion, j&#8217;ai décidé de retirer de ce site la reproduction de mes articles courts.<br />
J&#8217;ai le sentiment d&#8217;avoir fait de <em>Mon Cinéma</em> un double de <em>Culturofil</em>, alors que ce n&#8217;était pas du tout mon but.</p>
<p>Je vais donc progressivement tenter d&#8217;inverser le mouvement, en commençant par publier rapidement ici un article sur l&#8217;exposition du <a href="http://www.museemaillol.com/" title="Site du musée">musée Maillol</a> consacrée aux photographies de Marilyn Monroe prises par Bert Stern juste avant sa mort.</p>
<p>Bonne lecture, et à bientôt…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/23/encore-un-peu-de-changement/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>La Science des rêves</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/16/la-science-des-reves/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/16/la-science-des-reves/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Aug 2006 05:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=165</guid>
		<description><![CDATA[Après un film génial comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind, il y avait de grandes chances pour que la dernière œuvre de Michel Gondry soit ratée. Mais avec La Science des rêves, le cinéma fait une fois de plus mentir les probabilités : ce nouveau long métrage est tout simplement un petit bijou.
Gael Garcia [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après un film génial comme <em>Eternal Sunshine of the Spotless Mind</em>, il y avait de grandes chances pour que la dernière œuvre de Michel Gondry soit ratée. Mais avec <em>La Science des rêves</em>, le cinéma fait une fois de plus mentir les probabilités : ce nouveau long métrage est tout simplement un petit bijou.</p>
<p>Gael Garcia Bernal y incarne Stéphane Miroux, un jeune artiste un peu naïf qui vient s&#8217;installer à Paris pour travailler dans une entreprise qui conçoit des calendriers. Une rencontre avec Alain Chabat fait évidemment basculer le film dans la comédie, ce qui n&#8217;est pas un mal pour contrebalancer le sérieux d&#8217;un sujet centré autour de l&#8217;amour et du rêve.</p>
<p>Car si <em><a href="http://www.lasciencedesreves-lefilm.com/" title="Site officiel du film">La Science des rêves</a></em> est au départ une histoire d&#8217;amour rigolote comme dans <em>Eternal Sunshine</em>, il prend aussi au dernier film du réalisateur son aspect tragique.</p>
<p>Le concept du rêve tel que vécu par Stéphane Miroux est comparable ici au souvenir, sujet d&#8217;<em><a href="http://www.uipfrance.com/sites/eternalsunshine/" title="Site officiel du film">Eternal Sunshine</a></em>, car dans les deux cas il s&#8217;agit de savoir dans quelle réalité on vit.<br />
La réalité mêle ici aussi le vrai du faux, mais peut-être cette fois d&#8217;une manière encore plus visible à l&#8217;écran, puisqu&#8217;elle est l&#8217;occasion de multiples expérimentations pour Stéphane, de la chevauchée sur une peluche géante à l&#8217;utilisation d&#8217;une machine permettant d&#8217;avancer ou de reculer d&#8217;une seconde dans le temps.</p>
<p>La comparaison avec <em>Eternal Sunshine of the Spotless Mind</em> est donc facile, d&#8217;autant plus que Michel Gondry réalise quelques plans qui semblent être des clins d&#8217;œil à son film précédent, comme celui où Gael Garcia Bernal se baisse sous une table, et qui renvoie à cette séquence dans la cuisine de <em>Eternal Sunshine</em> entre Jim Carrey et Kate Winslet.</p>
<p><em>La Science des rêves</em> n&#8217;en est pas moins un film unique à ne pas manquer et qui, s&#8217;il n&#8217;est pas question ici d&#8217;éthique ni du courage qu&#8217;il faut pour aborder son chagrin, ne manque pas de nous rappeler qu&#8217;il ne tient qu&#8217;à nous de tout faire pour que nos rêves se concrétisent.</p>
<p>Réalisation et scénario : Michel Gondry.<br />
Avec : Gael Garcia Bernal (Stéphane Miroux), Charlotte Gainsbourg (Stéphanie), Alain Chabat (Guy), Emma de Caunes (Zoé) et Miou-Miou (Christine Miroux).</p>
<p>Article initialement paru dans <a href="http://culturofil.net/" title="Culturofil">Culturofil</a> le 9 août 2006.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/16/la-science-des-reves/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>La Tourneuse de pages</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/09/la-tourneuse-de-pages/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/09/la-tourneuse-de-pages/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Aug 2006 05:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=164</guid>
		<description><![CDATA[Partant d&#8217;un sujet et d&#8217;un scénario excellents, La Tourneuse de pages est la preuve que le choix des acteurs est primordial pour la réussite d&#8217;un film.
Catherine Frot y interprète une grande pianiste (Ariane Fouchécourt) qui, sans le savoir, a fait se détourner du piano la pourtant prometteuse jeune Mélanie (Déborah François).
Devenue adulte, Mélanie refuse d&#8217;accepter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Partant d&#8217;un sujet et d&#8217;un scénario excellents, <em>La Tourneuse de pages</em> est la preuve que le choix des acteurs est primordial pour la réussite d&#8217;un film.</p>
<p>Catherine Frot y interprète une grande pianiste (Ariane Fouchécourt) qui, sans le savoir, a fait se détourner du piano la pourtant prometteuse jeune Mélanie (Déborah François).</p>
<p>Devenue adulte, Mélanie refuse d&#8217;accepter son échec et reste persuadée qu&#8217;Ariane en est entièrement responsable. Assoiffée de vengeance, elle profite d&#8217;un stage dans le cabinet d&#8217;avocat de monsieur Fouchécourt (Pascal Greggory, le mari d&#8217;Ariane), pour se faire embaucher comme jeune fille au pair pour les vacances.</p>
<p>C&#8217;est donc de l&#8217;intérieur du foyer des Fouchécourt que viendra la menace, incarnée par une Mélanie désireuse d&#8217;exploiter chacune des failles pouvant lui permettre d&#8217;atteindre Ariane.</p>
<p>S&#8217;il suffit à Catherine Frot d&#8217;être fidèle à elle-même pour faire vivre une Ariane toute en délicatesse, à la fois forte et extrêmement fragile, Déborah François, dont ce n&#8217;est que le deuxième long métrage, semble avoir bien du mal à saisir ce que signifient mystère et vengeance dissimulée.<br />
Dans <em>L&#8217;Enfant</em> des frères Dardenne, soutenant un Jérémie Renier au plus bas de sa forme vers des dérives adolescentes, elle paraissait partie du bon pied dans sa carrière d&#8217;actrice.</p>
<p>Mais dans <em>La Tourneuse de pages</em>, aux côtés d&#8217;acteurs n&#8217;ayant plus à prouver leur talent comme Pascal Greggory ou Catherine Frot, elle a malheureusement tendance à tirer tous ceux qui partagent le cadre avec elle vers le bas, gâchant le jeu des autres protagonistes par son incapacité à investir le personnage de façon convaincante.</p>
<p>Toute en mimiques exagérées, en roulement d&#8217;yeux et en silences trop longs pour paraître sincères, Déborah François fait de son personnage une gamine capricieuse et sans relief, alors qu&#8217;elle aurait pu lui donner une dimension psychotique à la Norman Bates.</p>
<p>Choisir Déborah François pour son casting est donc la seule erreur de Denis Dercourt, car à part les deux scènes pathétiques de la mise sous clef du piano et de la table bancale dans la chambre d&#8217;adolescente de Mélanie, il avait tout en main pour réussir un très bon film.</p>
<p>La séquence finale, dont la jeune actrice est absente, et qui fait éclater les émotions d&#8217;Ariane et de son mari, est bien le signe que <em>La Tourneuse de pages</em> aurait pu être une grande réussite au lieu de se contenter de n&#8217;être que regardable.</p>
<p>Réalisation et scénario : Denis Dercourt.<br />
Avec : Catherine Frot (Ariane Fouchécourt), Pascal Greggory (Monsieur Fouchécourt) et Déborah François (Mélanie Prouvost).</p>
<p>Article initialement paru dans <a href="http://culturofil.net/" title="Culturofil">Culturofil</a> le 2 août 2006.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/08/09/la-tourneuse-de-pages/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Stay</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/26/stay/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/26/stay/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Jul 2006 05:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=161</guid>
		<description><![CDATA[Comment parler d&#8217;un film dont on ne peut rien raconter au risque d&#8217;enlever toute surprise au spectateur ?
Dans le synopsis officiel de Stay, Sam, brillant psychiatre, vit à New-York avec Lila, une artiste qu&#8217;il a sauvée d&#8217;une tentative de suicide, et qui fut sa patiente. Il se sent donc énormément concerné lorsqu&#8217;un de ses nouveaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment parler d&#8217;un film dont on ne peut rien raconter au risque d&#8217;enlever toute surprise au spectateur ?<br />
Dans le synopsis officiel de <em>Stay</em>, Sam, brillant psychiatre, vit à New-York avec Lila, une artiste qu&#8217;il a sauvée d&#8217;une tentative de suicide, et qui fut sa patiente. Il se sent donc énormément concerné lorsqu&#8217;un de ses nouveaux patients, le jeune Henri, lui annonce qu&#8217;il a décidé de mettre fin à ses jours.</p>
<p>Evidemment, le plus intéressant dans tout cela, c&#8217;est que plus Sam cherche à sauver Henri et à le comprendre, plus sa perception et son discernement s&#8217;altèrent, pour finir par se superposer à ceux d&#8217;Henri.</p>
<p>Bien sûr nous pensons tout de suite à un film sur la schizophrénie, comme <em>Fight Club</em>, mais ce serait trop simple. Le dédoublement de personnalité appliqué à un psy serait pour le moins ironique, mais Marc Forster nous met sur cette voie-là uniquement pour mieux nous perdre ensuite.</p>
<p>La forme même de <em>Stay</em> épouse son sujet : plus les personnages deviennent liés et le fin mot de l&#8217;histoire obscur, plus l&#8217;atmosphère se fait sombre et les transitions entre les scènes étranges et brutes.<br />
De fondus en coupes, un élément du dernier plan d&#8217;une scène fait à chaque fois le lien avec la séquence suivante. Ces transitions sont souvent abruptes, si bien qu&#8217;il est parfois difficile de voir réellement les images, de saisir ce qui s&#8217;enchaîne sous nos yeux.</p>
<p>Et ce qui se joue ici, c&#8217;est tout le mystère du film. Ces transitions, ces liens entre les différents personnages, entre leurs différentes vies, semblent nous dire qu&#8217;ils sont exactement ce qu&#8217;ils paraissent être, alors que la globalité elle-même paraît confuse : ils sont flous, ils ne reposent sur rien, si ce n&#8217;est sur une illusion d&#8217;optique.</p>
<p>Les images que nous voyons, selon notre personnalité, notre vécu, nos sentiments, nous permettent de nous inventer des histoires. C&#8217;est sur ce principe que sont fondés les films : le montage, l&#8217;ordre des images créent des associations qui nous racontent des histoires auxquelles nous choisissons ou pas d&#8217;adhérer, de croire. Chacun d&#8217;entre nous est libre de mettre entre ces images le sens qu&#8217;il veut bien y voir, et c&#8217;est pour cela qu&#8217;il est classique de dire que deux personnes, sortant de la même salle de cinéma, n&#8217;ont finalement pas vu le même film.</p>
<p>Dans les deux cas, chacun des spectateurs détiendra une part de vérité. C&#8217;est exactement sur cela que repose le film de Marc Forster. Tout au long de la projection nous cherchons à démêler le vrai du faux, alors qu&#8217;en définitive, toutes les facettes de <em>Stay</em> sont belles et bien réelles.</p>
<p>Réalisation : Marc Forster.<br />
Scénario : David Benioff.<br />
Avec : Ewan McGregor (Sam Foster), Naomi Watts (Lila Culpepper), Ryan Gosling (Henri Letham), Janeane Garofalo (Dr. Beth Levy) et Elizabeth Reaser (Athena).</p>
<p>Article initialement paru dans <a href="http://culturofil.net/" title="Culturofil">Culturofil</a> le 19 juillet 2006.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/26/stay/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Vagues Invisibles</title>
		<link>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/19/vagues-invisibles/</link>
		<comments>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/19/vagues-invisibles/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Jul 2006 05:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Guyot</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/?p=159</guid>
		<description><![CDATA[Comment ne pas penser à A Bittersweet Life en voyant Vagues Invisibles? Dans l&#8217;un le directeur d&#8217;un restaurant est chargé par son patron mafieux d&#8217;éliminer sa maîtresse au cas où il s&#8217;avérerait exact qu&#8217;elle ait un amant. Dans l&#8217;autre un cuisinier est chargé par son patron mafieux de tuer sa femme car il s&#8217;est aperçu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment ne pas penser à <em>A Bittersweet Life</em> en voyant <em>Vagues Invisibles</em>? Dans l&#8217;un le directeur d&#8217;un restaurant est chargé par son patron mafieux d&#8217;éliminer sa maîtresse au cas où il s&#8217;avérerait exact qu&#8217;elle ait un amant. Dans l&#8217;autre un cuisinier est chargé par son patron mafieux de tuer sa femme car il s&#8217;est aperçu qu&#8217;elle le trompait.<br />
Les trames semblent les mêmes, et pourtant un grand fossé sépare ces deux films.</p>
<p>Esthétiquement tout d&#8217;abord, les images sont bien différentes des deux côtés et cela va plus loin qu&#8217;une simple question de contenu.<br />
Aux éclairages sombres, au noir et blanc devenant couleurs, aux plans poétiques sur des feuillages et aux reflets de <em><a href="http://culturofil.net/2006/05/03/a-bittersweet-life-de-kim-jee-woon/" title="La Critique de Culturofil sur le film de Kim Jee-woon">A Bittersweet Life</a></em> répondent la photographie presque invisible d&#8217;un Christopher Doyle qui nous avait pourtant habitués à mieux, notamment grâce à ses multiples collaborations avec Wong Kar-Wai.</p>
<p>L&#8217;image de <em><a href="http://vaguesinvisibles-lefilm.com/" title="Site officiel du film">Vagues Invisibles</a></em> n&#8217;en est pas pour autant sans intérêt, seulement elle est éclipsée par un contenu surréaliste auquel il est difficile d&#8217;adhérer.<br />
Kyoji, le cuisinier meurtrier, passe son temps à vomir, comme pour concrétiser son écœurement pour l&#8217;acte qu&#8217;il a commis. Mais lorsque nous découvrons que la femme assassinée est morte en vomissant, nous faisons sans le vouloir le parallèle avec l&#8217;état du cuisinier et nous nous posons des questions sur sa santé qui n&#8217;ont pas lieu d&#8217;être.</p>
<p>Ce type d&#8217;étrangetés courra tout le long de <em>Vagues Invisibles</em>, et la suite sera d&#8217;ailleurs parfois tellement surréaliste que nous pourrons nous demander s&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un délire de mourant.<br />
Un peu plus loin dans le film, Kyoji, parti se faire un peu oublier en Thaïlande, se fera enfermer dans la cabine la plus miteuse qui soit de son bateau de « croisière ». Il rencontrera la belle Noi, qui lui confiera son bébé pendant qu&#8217;elle profitera de la piscine alors qu&#8217;ils ne se sont même pas encore réellement présentés l&#8217;un à l&#8217;autre. Il rencontrera aussi Lezard, un mafieux fan de karaoké qui se prend beaucoup trop au sérieux.</p>
<p>Surtout, il passera son temps à se perdre, que ce soit dans les couloirs du bateau ou dans ceux de son hôtel une fois arrivé en Thaïlande. Une façon sans doute de nous signifier qu&#8217;il est étranger à ce pays. S&#8217;il est perdu physiquement dans l&#8217;espace, Kyoji l&#8217;est surtout dans son esprit, sans doute dans sa conscience, puisqu&#8217;il vient de tuer une femme. Comment vivre avec ce poids ? Comment a-t-on pu lui demander cela ? Est-ce que d&#8217;autres personnes ont été contraintes à faire la même chose ?<br />
Autant de questions que Kyoji est amené à se poser et qui montrent qu&#8217;il vit désormais dans un autre monde. À défaut d&#8217;être un film captivant et novateur, <em>Vagues Invisibles</em> a au moins le mérite de nous montrer de façon très esthétique le passage d&#8217;un monde à l&#8217;autre.</p>
<p>Réalisation : Pen-Ek Ratanaruang.<br />
Scénario : Prabda Yoon.<br />
Avec : Tadanobu Asano (Kyoji), Gang Hye-Jung (Noi), Ken Mitsuishi (Lezard), Eric Tsang (Monk) et Maria Cordero (Maria).</p>
<p>Article initialement paru dans <a href="http://culturofil.net/" title="Culturofil">Culturofil</a> le 12 juillet 2006.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://cinema.altea.fr.eu.org/carnet/2006/07/19/vagues-invisibles/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
	</channel>
</rss>
